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Lonely dereliction

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Ennuimètre :

enjoué

Ma phrase du jour : 8 février 2012

"Pauvre humanité muette"... gravée en moi pour toujours. Merci beaucoup pour cette merveille.

Le silence de deux millions de personnes n'en formant plus qu'une.

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Mes moments d'ennui

"Les vrais livres sont magiques. Ils viennent de l'autre bout du temps, denses, pareils à des stèles." J.-M.G.Le CLEZIO


"Le plus grand ennui, c'est d'exister sans vivre" Victor HUGO

"Si les singes savaient s'ennuyer, ils pourraient devenir des hommes..." GOETHE

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Le ver vainqueur

il y a 2 mois


Voyez ! c’est nuit de gala dans ces derniers ans solitaires ! Une multitude d’anges en ailes, parée du voile et noyée de pleurs, siège dans un théâtre, pour voir un spectacle d’espoir et de craintes, tandis que l’orchestre soupire par intervalles la musique des sphères.

Des mimes avec la forme du Dieu d’en haut chuchotent et marmottent bas, et se jettent ici ou là, — pures marionnettes qui vont et viennent au commandement de vastes choses informes, lesquelles transportent la scène de côté et d’autre, secouant de leurs ailes de Condor l’invisible Malheur.

Ce drame bigarré — oh ! pour sûr, on ne l’oubliera, avec son Fantôme à jamais pourchassé par une foule qui ne le saisit pas, à travers un cercle qui revient toujours à une seule et même place ; et beaucoup de Folie et plus de Péché et d’Horreur font l’âme de l’intrigue.

Éteintes ! — éteintes sont les lumières, — toutes éteintes ! et, par-dessus chaque forme frissonnante, le rideau, drap mortuaire, descend avec un fracas de tempête, et les anges, pallides tous et blêmes, se levant, se dévoilant, affirment que la pièce est la tragédie L’Homme : et sôn héros, le Ver Vainqueur.

Mais voyez, parmi la cohue des mimes, faire intrusion une forme rampante ! quelque chose de rouge sang qui sort, en se tordant, de la solitude scénique ! Se tordant, — se tordant, avec de mortelles angoisses, — les mimes deviennent sa proie et les séraphins sanglotent de ces dents d’un ver imbues de la pourpre humaine.

 

 

Poème de E.A.Poe traduit par S;Mallarmé... enjoy et bonne année 2012 !!

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Joyeuses fêtes

il y a 2 mois

Belles fêtes à vous tous! Ne mangez pas trop de chocolats !! Bien à vous...

 

Déréliction

 

"Ils se savent prédestinés

A briller plus que des planètes

A briller doucement changés

En étoiles et enneigés

Aux Noëls bienheureuses

Fêtes des sapins ensongés

Aux longues branches langoureuses"

 

Apollinaire Rhénane in Alcools

 

 

 

[..]

Dilection

il y a 2 mois

Je sens ton corps remuer à l'intérieur, trembler sous mes doigts qui glissent sur ta peau. Tu as peur mon coeur? Mais tu vis, n'est-ce pas ce qui compte vraiment? Je m'approche à pas de loup près des parois humides. Tu me voles un baiser. Le coq chante dehors, on est pourtant le soir et j'aperçois le soleil qui rougit en croisant la lune, son amante décalée. J'entends à la commissure de tes lèvres, ton coeur qui crie. Il voudrait sortir et il lutte et il se débat au-dedans de toi. Mais ne t'en fais pas, ma main le retient. Je m'apaise sur ton torse dénudé qui danse au rythme de ton souffle irrégulier. La pluie dégouline le long de la baie. Nous sommes unis, l'un dans l'autre, dans la rencontre des éléments qui nous fluidifient. Le silence infini règne, songeur, contemplant la beauté. Tes yeux s'ouvrent mais je ne les vois plus. Ton visage s'évapore dans les airs mais je ne le reconnais pas. Mon âme meurtrie reste là. Allongé, le coq est mort.

[..]

Ode on melancholy by Keats

il y a 3 mois

No, no, go not to Lethe, neither twist
Wolf's-bane, tight-rooted, for its poisonous wine;
Nor suffer thy pale forehead to be kissed
By nightshade, ruby grape of Proserpine;
Make not your rosary of yew-berries,
Nor let the beetle nor the death-moth be
Your mournful Psyche, nor the downy owl
A partner in your sorrow's mysteries;
For shade to shade will come too drowsily,
And drown the wakeful anguish of the soul.

But when the melancholy fit shall fall
Sudden from heaven like a weeping cloud,
That fosters the droop-headed flowers all,
And hides the green hill in an April shroud;
Then glut thy sorrow on a morning rose,
Or on the rainbow of the salt sand-wave,
Or on the wealth of globed peonies;
Or if thy mistress some rich anger shows,
Imprison her soft hand, and let her rave,
And feed deep, deep upon her peerless eyes.

She dwells with Beauty -Beauty that must die;
And Joy, whose hand is ever at his lips
Bidding adieu; and aching Pleasure nigh,
Turning to poison while the bee-mouth sips:
Ay, in the very temple of Delight
Veiled Melancholy has her sovran shrine,
Though seen of none save him whose strenuous tongue
Can burst Joy's grape against his palate fine:
His soul shall taste the sadness of her might,
And be among her cloudy trophies hung. 

[..]

Infiniment

il y a 3 mois

Ombres du passé invisibles aux yeux mortels,

Je déambule parmi vous tournée vers le ciel.

Et Novembre dépose ses bouquets fleuris

Pour fendre ma tête, me libérer de l'oubli.

Je ressens la vie à la lecture de ton nom,

"Que ton repos soit doux comme ton coeur fut bon".

Emporté par elle, je voudrais tant l'apeurer

Pour que tu me reviennes, loin de ce mausolée,

Où le souffle me manque face à l'abandon.

La plaie que tu laisses est un vide si profond...

 

 

[..]

Instants parfaits

il y a 4 mois

Je respire un peu. Je reviens, non pas d'entre les morts, mais d'entre les livres! Marx, Rousseau, Rabelais, Balzac... au placard! Je suis sortie un peu et suis allée... m'enfermer à nouveau au cinéma. Mais, je voyage toujours à travers ce que je lis ou ce que je vois (peut-être pas quand je lis Marx et Rousseau... il ne faut pas exagérer non plus!). Bref, Polisse et The Artist. Deux films vus à trois jours d'intervalle. Deux films épatants chacun créant son univers. Maïwenn, j'étais conquise depuis Pardonnez-moi, davantage avec le Bal des Actrices et point du tout déçue par Polisse qui m'a pas mal secouée je dois dire. Et puis the Artist, un film expérimental aujourd'hui, d'une beauté esthétique renversante - la scène de l'incendie, la scène du tableau découvert dans une vue en plongée, la mise en abyme des spectateurs au début du film- tout était parfait.

On peut les rapprocher, les thèmes de l'amour et du déchirement. Une enfance déchirée dans la séparation avec les parents, parce qu'ils les "aiment trop", déchirée par la violence adulte et le déchirement d'un homme que le succès oublié ensevelit dans le sable.

Deux films qui à mon sens méritent d'être vus et même revus parce que ces instants parfaits étaient bien trop courts...!

[..]

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Jusque là tout va bien

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"Reste toujours digne et intègre à toi-même."

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The Artist

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Polisse

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