
maussadouille
"Je suis juste de passage dans un monde parfait . Un monde parfait à ce qu'il paraît; Mais quel grand carnaval, des créatures qui parlent de tout, de tout mais de rien surtout !" Nicola Sirkis
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Clarisse attendait ce moment avec impatience, persuadée qu'elle réussirait à le convaincre de passer la nuit avec elle, ou qu'il partirait à une heure tardive . La jeune femme, naïve, continuait de rêver de son amant et se perdait dans ses fantasmes chimériques . Elle attendait le soir où elle pourrait, eventuellement, être heureuse . Elle attendait d'être enlacée, de sentir le souffle de quelques baisers sur sa peau, l'amour pour quelques heures perdues . Elle avait eût tant de doutes, et savait les risques qu'elle encourait à mettre toute sa ferveur dans son amour, elle qui ne voulait pourtant plus fonder d'espoir dans ses rapports avec les hommes . Ses pensées se croisaient, se fuyaient et finissaient par se rejoindre dans son délire paradoxal . Certains disaient qu'elle devenait folle, certains pensaient que c'était la vie qui l'était, et les sages disaient qu'elle était la plus sage d'entre eux . Elle ne savait plus quoi penser, elle tâchait de garder son sentiment de départ et de penser qu'ils étaient fait l'un pour l'autre, mais elle ne pouvait pas toujours lutter contre ceux qui lui disaient qu'il ne quitterait jamais sa femme . Il savait qu'il l'aimait profondément, elle savait qu'il n'avait pas envie de la quitter, elle connaissait aussi ses sentiments pour elle-même et se demandait parfois si ils n'étaient pas que passagers . Clarisse savait tout, sauf le dénouement de l'histoire . Elle voulait se protéger, de temps en temps, se détacher mais elle ne pouvait pas éparpiller ses sentiments en plusieurs morceaux, elle avait besoin de mettre toute son âme, sa raison dans quelque chose . Elle voulait se sentir vivante, or, maintenant, elle se demandait si on ne pouvait se senti vivant sans souffrance .
Dans un état presque végétatif, elle resta assise sur une chaise, dans son séjour, toute la journée .
D'un coup, des battements résonnèrent contre la porte de la chaumière . Elle se leva d'un bond sur le sol vascillant tel un bateau quand la marée se fait haute . Une fois la porte atteinte et ouverte, son coeur ne fît qu'un bond ! Mais que faisait-il la ? Il avait l'air géné, ce qui l'inquièta immédiatement .
« -Tu ne viendra pas ce soir, c'est ça ? Dit-elle d'un ton neutre, comme s'il elle s'était préparée à la chose .
Si je viendrai, sauf qu'il faut que je parte tôt, il faut que je l'aide à faire quelque chose.. Enfin je ne peux pas rester très longtemps, j'espère que ça ne te déranges pas trop ?
Ne me pose pas la question, je n'ai pas le choix . A ce soir alors .
Désolé, c'était ça ou rien . Répliqua t'il .
Je n'ai rien dis, ne t'inquiète pas . »
Et c'est sur ce ton qu'elle referma la porte . Effectivement il ne pouvait pas rester puiqu'il était à une autre femme . Mais qu'elle avait été stupide de penser que cette soirée aurait pû être aussi merveilleuse que la dernière ! Il viendrai quelques heures, ils s'enlaceraient, se tiendraient la main . Il caresserait même surement ses cheveux et son visage, posé sur son torse , mais jamais il ne lui appartiendrai . Jamais elle ne pourrai l'enlacer, l'embrasser sans se soucier des autres, il ne la choisirait pas . Elle avait l'impression de n'être qu'un jouet, après tout, il venait chercher ce que son « amie » ne lui apportait pas, elle servait simplement à combler son manque d'affection car si jamais un jour, elle recommencait à avoir de la passion pour lui, ce n'est pas Clarisse qu'il choisirait, non certainement pas cette pauvre sotte qui lui donnait ce qu'il voulait . Après tout, pourquoi la quitterait-il si une autre femme lui donnait ce qu'il désirait alors qu'il était avec elle ? Il avait tout de ce dont il avait besoin . Et c'est la qu'elle commenca à lui en vouloir profondément . Elle ne cesserai pas de le voir, elle ne pouvait s'en empêcher, ses sentiments étaient plus forts qu'elle, mais elle lui en voulait de toute son âme et de tout son coeur . « Je mérite d'être aimée vraiment, pour ce que je suis et non ce que je donne », se dit-elle, même si parfois elle avait du mal à y croire . Elle en eût marre, elle ne pleura pas, elle ne cria pas et resta la, assise sur son lit, vide . Elle ne voulut plus y croire, elle voulut ne plus l'aimer mais l'odeur de ses baisers lui manquaient .
Elle repensa à cet amour tué, à ces gestes, ces caresses qui furent pour elles aussi douces et éphémères que le bonheur . Elle n'aura servie qu'à renforcer son amour pour elle . Elle pleura de longues heures en pensant à celui qu'elle aimait, elle fût fachée quelques secondes mais cela lui passa très vite . Elle aima revoir cette dernière nuit autant qu'elle le regretta . Elle se sentie idiote, ridicule, telle une pauvre petite sotte, se laissant accabler par ses sentiments incontrolables . Quelquefois elle pensa que ce qui s'était passé la nuit dernière avec lui n'aurait pas dû avoir lieu, mais la chaleur que cela lui avait procuré lui fît oublier cette théorie . Elle songea à ses baisers, se demanda ce que valait la vie sans lui, et tacha de réfléchir à ses sentiments, mais cela n'eût comme effet que leur accroissement . Elle essaya de lire de la poésie mais les larmes brouillaient les mots, plus rien n'avait de sens autour d'elle . Elle voulut mourir, mais elle n'en fît rien . Elle se saoula, pourtant, elle n'oublia pas . Elle marcha, tomba, et finit par rester couchée sur le sol, les yeux fixant le plafond, un verre brisé dans sa petite main ouverte . Il y'avait toujours cette lueur d'espoir, ternissant dans ses yeux mouillés, remplis de larmes, qui ne voulait pas disparaitre . Il y'a tant de choses qu'elle aurait voulu, tant de baisers à donner.. Elle rêva d'autres nuits, d'autres caresses, de ses mains, de ses lèvres, puis sourît pour se laisser abattre par de profonds sanglots . Elle ne voulait que lui, qu'une seule faveur, pouvoir l'avoir près d'elle, peu importe les contraintes, peu importe la morale, peu importe sa femme . Elle voya la mort s'approcher en même temps qu'il s'éloigna, se reprit et se promis de ne pas le laisser s'en aller . Il l'aimait, elle ne pouvait pas le regarder embrasser une autre femme, cette acariâtre qui n'avait même pas une pensée pour lui . Elle aurait aimé qu'il comprenne, qu'il vienne et qu'il l'enlace . A partir de cette pensée, entre quelques pleurs elle eût des moments de ferveur .
Elle eût encore beaucoup d'instants de désarroi, se questionnant sans cesse, attendant de pouvoir le revoir .
Quand il fût déjà tard le soir, elle ne dormît pas, ne pût pas sans l'avoir vu, encore une fois . Elle voulut pleurer dans ses bras, voulut se blesser pour qu'il prenne pitié mais elle se contenta d'attendre . Elle espera qu'il la consolerait, au petit jour, elle eût aussi peur qu'il ne vienne pas . Une sensation inconnue lui dévorait le ventre, les yeux cernés, fatigués, le corps vide, elle n'eût plus la force de lutter pour se relever . Peut être allait-elle rester ainsi, éparpillée sur le sol, comme les débris de bouteille, jusqu'a ce qu'il vienne la sauver.. ou ne vienne pas . Elle souhaita oublier toute morale, elle souhaita ne plus être, elle souhaita ne plus souhaiter .
Elle ne sait pas quelle chance elle a, de l'avoir . Et pourtant elle l'a, le possède, auprès d'elle chaque jour .
Elle peut l'embrasser, le serrer.. ce qu'elle ne fait plus . Ca me tue, ça me détruit, je le regarde, l'enlace, respire son odeur, mais je ne peux faire ce qu'elle devrait faire, si son amour était sincère, réel . Comment ne peut-elle voir quel homme merveilleux elle a devant elle ? Si beau, talentueux, affectueux, attentif, sensible.. Certes, je ne lui arrive certainement pas à la cheville, mais si je pouvais, ou si j'osais penser que je pouvais déposer sur sa bouche quelques baisers, dormir dans ses bras et ne rêver plus de rien, puisque le plus beau des rêves est en lui.. Ou le regarder, toutes les nuits, sans jamais se lasser . Pouvoir se réveiller chaque matin auprès de lui, et mesurer sa chance, se dire qu'enfin la roue a tournée, et profiter tant que cela est possible ! Et la, l'orage gronde et me sors de cette fantaisie . Je ne suis même plus effrayée, je sais qu'il n'est pas la pour me rassurer : A quoi bon l'être alors ? Il est bientôt une heure, je me demande à quoi il pense, de quoi il rêve, et, je ne peux m'empêcher de l'imaginer, dans le lit, avec elle . Dort-elle au moins dans ses bras, la main sur son torse ? Comme j'attend ce jour, avec impatience, ou je pourrais le voir jusqu'au lendemain, mais sans pouvoir m'emporter et faire ce que désirent mon esprit et mon coeur, que je pensais stoïques.. Des fois je me dis, « Fais avancer les choses, à bas les conventions, tant pis pour celle qui n'en profite pas » et d'autres fois je pense « On verra bien ! » . Et tout au fond de moi, je le sens bien, qu'il se passera quelque chose, mais je ne sais pas si cela réveillera un bonheur noyé ou l'achèvera . Je sais juste que cela me fera me sentir vivante, au moins une fois . Je veux vivre, vivre ce que je ne peux pour l'instant qu'imaginer, à peine convoiter . Peut être, demain, ici, la-bas .. Cest certain, que ta nuit soit douce mon cher et tendre ..
Toutes les horloges cassées et les temps ignorés
Seul presque toujours dans le noir
Il croyait que ce mois n'était qu'un jour
Les rideaux fermés pour ne pas voir apparaître le soir
Ni d'amitiés forgées ni de premier amour
Ignorant le temps passant
Et tout ce qu'il avait perdu
Les aiguilles avançant et laissant
Passer devant lui, la vie et ses vertues
Aucun livre entamé, aucun voyage raconté
Il laissa lui passer le monde et ses merveilles sous le nez
Et plus tard il regretta sur son lit de mort
Tous ces moments et compris, que le temps valait de l'or
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